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mai 13, 2017

Un libéralisme à toutes les sauces franco-françaises, (réactualisé mai 2017)

Ce site n'est plus sur FB, alors n'hésitez pas à le diffuser au sein de différents groupes, comme sur vos propres murs respectifs. D'avance merci. L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...Merci de vos lectures, et de vos analyses. 

Librement vôtre - Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste. 



Sommaire:


A) Cette France à qui on ne cesse de diagnostiquer une crise aigüe d’ultra-libéralisme alors qu’elle se meurt d’un abus chronique de socialisme - Drieu Godefridi - Atlantico

B) Emmanuel Macron : « Le libéralisme est une valeur de la gauche » -

C) Agnès Verdier-Molinié - "Si j'étais présidente..." - Le Figaro Magazine - Ghylain de Montalembert

D) Macron et Fillon : l’asservissement déguisé en libéralisme - Pierre Chaillot - Agoravox via son site

E) Le programme de Macron est moins libéral que prévu, selon Génération Libre (Gaspard Koenig) - Challenge





A) Cette France à qui on ne cesse de diagnostiquer une crise aigüe d’ultra-libéralisme alors qu’elle se meurt d’un abus chronique de socialisme

Ce dont la France souffre d'abord, c'est de l'aveuglement de ses élites intellectuelles. Et si le pays ne veut pas "crever" du socialisme, il serait temps de retrouver le chemin de quelques vérités élémentaires.
J'ai toujours détesté l’esprit de meute et de lynchage : le dernier crachat sur un homme à terre est le plus vil. Quand je lis les analyses du débat entre Mme Le Pen et M. Macron, je suis surpris de constater que s’agissant de Marine Le Pen — pourtant une femme ! — il n’existe virtuellement aucune limite dans l’injure. Si je ne l’avais pas regardé, je croirais que le débat était entre un Rottweiler et un jeune prince souriant.

Ce débat, je l’ai regardé. La forme ne m'intéresse pas. En revanche, j'ai été surpris par l’impréparation de Mme Le Pen. Bien sûr son programme de sortie de l’euro, nationaliste et protectionniste au sens strict s’inspire directement des thèses de ses conseillers économiques d’extrême gauche dans la ligne de Jacques Sapir et, plus haut, J. Stiglitz et P. Krugman. Mais après tout ces critiques de l’euro ont une thèse, partagée du reste par des libéraux qui ont de ces questions une intelligence réelle (je pense à Charles Gave et Henri Lepage).

Encore faut-il être capable de la soutenir, ce qui n’était pas son cas.

Pour le reste, le programme économique de Mme Le Pen est socialiste au sens strict : 

retraite à 60 ans, maintien des 35h, 
“évitement” de la concurrence entre entreprises même françaises (sic), 
protection des Français “contre” l’économie, 
aucune remise en cause de l’hyperinflation législative ni des 57% de PIB en dépense publique annuelle, soit le record mondial et dans l'histoire de France.

Cette doctrine est la doctrine française depuis 40 ans, transcendant les clivages et partis. En ce sens Mme Le Pen est tout autant un produit du “système” que l’est M. Macron — et sans doute l’est-elle, sur le plan idéologique, encore davantage que lui.

La France tombe, tout le monde le "sent" et — plus signifiant — les chiffres (chômage, dette, exode des Français qui s'en vont créer de la richesse à l'étranger) désormais en attestent. 

Mais ce dont la France souffre d'abord, c'est de l'aveuglement de ses élites intellectuelles.
Il y a toujours eu, sinon en fait, du moins en théorie, une hostilité française à l'égard du libéralisme et du libre-échange. Cette hostilité est liée au positionnement géopololitique historique de la France, plus autonome économiquement que ne l'a jamais été l'Angleterre ouverte aux vents du large.

Mais les précédentes générations d'intellectuels étaient capables de faire la part de l'atavisme et du fait. Ce n'est plus le cas. Triomphent aujourd'hui dans la droite et l'extrême droite intellectuelles les thèses d'un Jean-Claude Michéa, selon lequel c'est du libéralisme — ou du "modèle libéral-libertaire" — que souffre la France. Il n'est pas jusqu'aux éditorialistes les plus en vue de la presse de droite qui ne se définissent comme socialistes, anti-libéraux et décroissants (sic).

On peut être ce que l'on veut, c'est la beauté des idées et des valeurs. Mais si la France ne veut pas "crever" du socialisme en étant persuadée que c'est la liberté qui la tue, il serait temps de retrouver le chemin de quelques vérités élémentaires.

Jamais, dans l'histoire de France, les prélèvement obligatoires n'ont été aussi élevés.
Jamais, dans l'histoire de France, l'individu n'a été soumis à un volume de normes, lois et règles ne serait-ce que vaguement comparable à celui qui s'abat sur le Français dès le pas de sa porte — et jusque dans sa chambre. Je dirige actuellement une équipe internationale de chercheurs sur ce sujet, et nos recherches montrent que la France produit désormais davantage de normes chaque année — dans les 50 à 60.000 pages par an — qu'il s'en est produit entre Saint-Louis et 1789 ! Cela sans même tenir compte des 150.000 pages du droit européen. Un grand nombre de ces lois — le principe libéral de l'Etat neutre ayant été sacrifié depuis beau temps — sont désormais morales au sens strict, aussi vrai que la domination, le harcèlement, la violence psychologique, la discrimination, etc. sont moralement insupportables ! Tout se mesure désormais à l'aune du critère de l'inégalité matérielle comme mal en soi, et tout est bon pour y remédier.

La France crève du socialisme. Depuis l'URSS, modèle du socialisme dur, la France constitue l'expérience la plus aboutie de socialisme appliqué.

(*) Auteur et venture capitalist. À paraître : La passion de l'égalité — Essai sur la civilisation socialiste.

Drieu Godefridi est docteur en philosophie (Sorbonne), juriste, et dirigeant d'entreprise. Il est notamment l'auteur de Le GIEC est mort, vive la science ! (Texquis, 2010), La réalité augmentée (Texquis, 2011) et De la violence de genre à la négation du droit (Texquis, 2013).




B) Emmanuel Macron : « Le libéralisme est une valeur de la gauche »

Plutôt que d’arpenter un bitume parisien ensoleillé et débarrassé, pour quelques heures, de la majorité de ses voitures, près de 150 personnes sont venues écouter le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, se livrer à un exercice de pédagogie probablement jugé nécessaire face aux critiques dont il fait l’objet dans son camp.

Détendu mais offensif, il a répondu pendant un peu plus d’une heure aux questions du directeur éditorial du Monde, Arnaud Leparmentier, présenté au public par ce bon mot de Jérôme Fenoglio, directeur du quotidien : « Arnaud Leparmentier est au Monde ce qu’Emmanuel Macron est au gouvernement… » S’en est suivie une conversation courtoise mais animée pendant laquelle Emmanuel Macron a voulu convaincre : « Je suis de gauche, mais… » 

«… Je vais continuer », a répondu le ministre après qu’Arnaud Leparmentier lui a demandé s’il « le faisait exprès » de susciter la polémique par ses sorties peu conformes à la doxa socialiste. « Il faut rénover la pensée profonde de la gauche, a-t-il martelé, j’ai rarement vu des gens aller au bout du bovarysme parlementaire », dénonçant l’inaction de ceux qui ne vont pas au bout de leurs souhaits de réforme.

«… J’assume qu’il y ait un libéralisme. Le libéralisme est une valeur de gauche. » Déterminé à montrer qu’il ne s’est pas trompé de famille politique, le ministre a exposé sa conception de la lutte contre les inégalités, qui n’est pas, selon lui, « la correction ex post de [ces] inégalités » mais « l’égalité des chances » et la « valorisation de la réussite ». Et de prendre en exemple l’ouverture des lignes d’autocar pour le transport des passagers : « On a rouvert de la mobilité, c’est une lutte contre l’inégalité. »

«… Les partis sont beaucoup moins dans la production d’idées. Est-ce que la pensée économique sort des partis aujourd’hui ? Beaucoup moins. » Faisant référence à la polémique consécutive à ses considérations sur le statut des fonctionnaires, il réplique : « Les réactions sur ce que j’ai pu dire montrent une gêne à accepter qu’un politique puisse réfléchir, en marge de son action. » Répondant à une question sur la place grandissante des discours clivants d’intellectuels comme Michel Onfray ou Eric Zemmour, il a d’abord précisé qu’il n’était pas sur la même ligne qu’eux, avant de souligner qu’on « s’affaiblit en refusant de voir ce que ces pensées disent de l’état du monde, de l’état de la gauche ». Reconnaissant que « ce pays a le paradoxe de surinvestir la chose publique et de la critiquer en même temps », il s’est toutefois prononcé pour « une culture de l’évaluation et du suivi » pour l’action politique.

«… J’ai été très heureux dans le métier de banquier. » « Rien ne me prédestinait à être ici devant vous », a-t-il ajouté, avant de rappeler ses origines – fils de médecins, ayant passé des concours « ouverts à tous ». Face aux procès en illégitimité qui lui sont faits pour avoir travaillé dans la banque, il a souligné qu’il avait été plus longtemps fonctionnaire que banquier, et regretté qu’aujourd’hui « on vous demande d’où vous venez plutôt que ce que vous faites ».


« L’Etat a parfois pris trop de place »

«… Nous devons penser à la réforme des fonctionnaires. » Emmanuel Macron persiste et signe : sans réforme, un jour viendra où le statut des fonctionnaires sera purement et simplement « déchiré ». « L’Etat a sa place, mais il en a parfois trop pris », avait-il déclaré quelques minutes avant, admettant néanmoins qu’on « ne peut faire une réforme dure sans la présenter au peuple ». 

… Il faut réparer ce pays et l’ouvrir à la mondialisation », une mission impossible si l’on est « faible sur le plan économique et social ». Ces deux terrains sont pour lui ceux sur lesquels il y a le plus de « convergences entre la gauche de gouvernement et la droite de gouvernement ». « Il faut plus d’adaptabilité pour les entreprises, déconflictualiser le travail, je me méfie beaucoup des tabous », a-t-il précisé, évoquant les accords sur le temps de travail, travail qui est selon lui « une valeur du progressisme » et dont notre économie manque en ce moment, « en quantité ».

«… Je n’ai jamais voulu être candidat. » La réponse est claire : pour l’instant, le ministre de l’économie n’a pas l’intention de briguer un quelconque mandat de député en 2017. « Parce qu’il faut aller à une élection pour exercer les fonctions qu’on veut exercer au moment où vous les exercez. Beaucoup de gens qui disent ça, disent ou vous le présentent comme tel : pour être dans la vie politique, pour peser au parti, pour être qui ministre, qui premier ministre, qui président de la République, il faut être député mais ça c’est le cursus honorum d’un ancien temps. »

Macron veut un « Parlement de la zone euro »

«… Si rien ne bouge, il n’y a plus de zone euro dans dix ans. » Très offensif sur les sujets européens, Emmanuel Macron estime que « depuis 10 ans, nous sommes dans une forme de langueur des idées » et que la crise des migrants, sans être un sujet purement européen, montre ses fragilités et ses vitalités. Plus inquiet sur le sort économique de l’eurozone, il a déclaré que « l’absence de proposition [était] un choix : c’est la sortie de l’Europe ». Pour ne pas en arriver là, il souhaite la création d’un poste de « commissaire responsable de la zone euro, ainsi qu’un Parlement de la zone euro ». « Le temps est venu de proposer pour l’Europe, à ne pas la penser on laisse le terrain à ceux et celles qui doutent », a-t-il averti.

«… La gauche doit réconcilier responsabilité et solidarité, réconcilier l’égalité et la liberté. » Lors de la courte séance de questions-réponses qui a suivi la conversation, le ministre a bouclé son exercice en se positionnant clairement du côté d’une gauche qui se veut moderne et renouvelée, débarrassée des totems et ouvertement adepte de la flexisécurité, terme qu’il a d’ailleurs employé dans un de ses derniers échanges : « Aujourd’hui la loi dit trop, il faut trouver la bonne flexisécurité sur le marché du travail. »

Visiblement, l’auditoire ne lui en tient pas rigueur, bien au contraire : le ministre quitte l’estrade sous les applaudissements et s’éclipse rapidement, non sans avoir donné une adresse e-mail personnelle à l’ensemble des participants afin qu’ils puissent leur soumettre leurs projets. Pédagogue jusqu’au bout.





C) Agnès Verdier-Molinié - "Si j'étais présidente..."















D) Macron et Fillon : l’asservissement déguisé en libéralisme

Le libéralisme est un courant qui prône la fin de l'asservissement de l'Homme. Macron et Fillon par les politiques qu'ils défendent ne libèrent par les citoyens. Ils détruisent les lois protégeant les plus vulnérables sous couvert de libéralisme et par la même occasion les asservissent à la nouvelle oligarchie dominante, celle des détenteurs de capitaux, des financiers et de leurs marionnettes au pouvoir. Le vrai libéral veut l'accès libre et garanti pour tous aux besoins fondamentaux : l'eau, le logement, l'énergie. Le vrai libéral veut la fin de la monarchie présidentielle pour assurer un vrai contre-pouvoir aux citoyens. Le vrai libéral est contre la publicité qui nuit à la bonne information sur les produits. Le vrai libéral est contre le contrôle de l'information par une poignée d'industriels et de financiers. Le vrai libéral veut une concurrence saine sur le marché des biens où les citoyens peuvent réellement entreprendre et ne pas se faire manger par les puissants. Enfin le vrai libéral ne veut pas la compétition forcée entre citoyens ou des maîtres esclaves les regarde se battre entre eux pour leur survie. Il faut sortir du matraquage que nous subissons sur la "bonne politique libérale". Elle ne libère de rien mais nous asservit aux puissants en place.

Le libéralisme prône la fin de l'asservissement de l'homme. Il s'agit de garantir la liberté du choix pour chacun d'entre nous. Cette liberté permet a chacun de se différencier des autres, d'être vraiment soi-même. Ce courant de pensée existe aussi bien en philosophie qu'en économie.

Le libéralisme prend ses racines au XVIème siecle pendant les lumières. Après la monarchie absolue, la nouvelle pensée est de reconnaître a chacun un droit d'exister. Ce droit d'exister s'exprime par le choix. Il s'agit donc de combattre la servitude des hommes à toute autorité non nécessaire afin que puissent s'exprimer librement les choix de chacun. Il ne s'agit pas de supprimer les règles de la société, ni l'État, ni les lois et encore moins de transmette le pouvoir à une quelconque oligarchie (de la finance ou des détenteurs de capitaux par exemple...)

Le vrai libéral veut que chacun accède à ses besoins sans contrainte
La première des libérations est celle d'obtenir ses besoins nécessaires sans contrainte. Être libéral c'est s'assurer que personne n'est forcé d'une manière ou d'une autre de faire quelque chose pour survivre. Le libéral s'occupe de garantir à tous de l'eau pour boire et se laver, de la nourriture et un logement chauffé. Ces éléments ne sont pas des choix, ils sont nécessaires. Toute entité qui se les accapare pour elle va pouvoir forcer les autres à accepter ses conditions pour les obtenir. C'est de la servitude. Le libéral est pour les premiers litres d'eau, de gaz gratuits, le droit au logement et la cantine gratuite au moins pour les enfants. Seule une société pour laquelle les citoyens sont libérés des besoins primaire peut aller vers le libéralisme. Où sont Macron et Fillon quand il s'agit de garantir ces droits ? Ils font de la distribution de l'eau, autrefois bien public, un soit-disant marché. Vous êtes libres de payer leurs copains ou de ne pas avoir l'eau courante, quel est votre choix ? Ils imposent la même logique de marché à l'énergie. Où sont-ils pour défendre le droit de se chauffer l'hiver ? Ils vous prônent aussi la soi-disant libéralisation du logement où les nouvelles libertés vont aux détenteurs de logements au détriment des logés. Nous sommes libres de payer leurs copains ou de dormir dehors, dans le froid sans eau potable.

Le vrai libéral veut la fin de la monarchie de la 5e république.

Le libéral n'est pas pour la destruction totale de l'état. Les libéraux, philosophes ou économistes dès Adam Smith font la distinction entre les activités sur lesquelles l'état ne peut pas être remplacé par de l'initiative privée (personne n'a intérêt de payer les routes pour les autres, seul l'état peut intervenir en prélevant l'impôt pour réaliser et entretenir cette infrastructure utile a tous). Par contre le libéral est pour le contre-pouvoir. Le libéral refuse le principe d'une élection qui consiste a élire un monarque intouchable pour 5 ans. Le libéral veut pouvoir contrer un élu à tout moment. Le référendum révocatoire est un minimum ! Où sont leur propositions pour contrer le tout pouvoir des élus ? N'est-ce pas étonnant de la part de personnes voulant détruire la suprématie de l'État de se garder tout pouvoir quand ils l'obtiennent ? Bien évidemment qu'ils ne veulent pas de contestation possible quand leurs décisions vont aller favoriser une oligarchie déjà toute-puissante. La palme pour Macron qui demande tout pouvoir sans même afficher les mesures qu'il prendra. Ne devinez-vous pas qui seront les grands gagnants en regardant ses financeurs ?

Le vrai libéral est contre la publicité et pour des médias libres

En philosophie comme en économie, le libre-choix n'existe qu'en information pure et parfaite. Par exemple pour les produits, il nous faut connaître tous leurs prix et toutes leurs caractéristiques. Une publicité nuit a la qualité de l'information, elle ne nous montre qu'un champ reduit des produits et surjoue sa qualité réelle. Dans un monde libéral, seul des comparateurs de prix indépendants (les enseignent ne peuvent donc en etre actionnaire) peuvent être autorisés. Récupérer les espaces publicitaires privés (pour une utilisation culturelle par exemple) est nécessaire. Que faire quand les soutiens de ces deux candidats vivent de la publicité ?

L'information pure et parfaite nécessite des médias libres (pas forcément publics), un vrai libéral ne peut pas laisser des grandes fortunes, des multinationales ou des industriels en prendre le contrôle pour vous fournir la bonne parole qui les arrange ! Regardez quels personnages détiennent les médias français. Comme il est étonnant de ne pas voir ces candidats contrer les pratiques de leurs financeurs... Ils ne nous libèrent pas, ils nous asservissent par l'information contrôlée.

Le vrai libéral veut la fin des multinationales

Le vrai libéral défend la liberté du choix. 
Aucun monopole privé ne saurait être toléré car il crée nécessairement un asservissement de toute personne désirant le produit. Pour cette raison, les économistes libéraux supposent une concurrence libre et non faussée. Les multinationales interdisent tout concurrent d'entrer en jeu en le rachetant ou en lui opposant une concurrence déloyale jusqu'à disparition. Le vrai libéral veut un contre-pouvoir public qui empêche les multinationales de racheter leurs concurrents ou de faire de l'optimisation fiscale déloyale pour les empêcher de survivre sur le marché. Où sont les propositions de Macron et Fillon pour aider de nouvelles entreprises à concurrencer leurs copains ? Ils ne nous libèrent pas, ils nous asservissent aux multinationales.

Le vrai libéral considère que chaque individu s'occupe de son intérêt, son intérêt n'est pas de combattre les autres mais de coopérer avec eux

Il suffit de regarder les riches se comporter pour comprendre qu'on a tout à gagner à la coopération. N'avez-vous jamais entendu parlé du bottin mondain ? Où lorsque vous êtes suffisamment riches vous pouvez entrer dans le monde des supers-fortunes et organiser des rencontres pour vous soutenir en toute discrétion ? Ne savez-vous pas que toutes les marques automobiles ont des liens commerciaux, des accords de brevets, des parts de capitaux chez les autres ? Que les magasins de la grande distribution s'arrangent pour aligner leurs prix et augmenter leurs marges (vous participez à ça à chaque fois que vous allez vous faire "rembourser la différence," on demande alors à l'autre magasin de remonter son prix) ?

Nous avons déjà vu que Macron et Fillon n'en veulent pas de cette concurrence qui nuirait aux intérêts particuliers de leurs financeurs. Ils s'arrangent donc pour n'imposer la concurrence qu'entre êtres humains. Et ce n'est pas libéral. La fin du code du travail, la baisse du salaire minimal ça n'est pas libéral. Puisque les français doivent prendre un travail pour subvenir à leur besoins vitaux, ils ne sont pas en position d'avoir un contre-pouvoir face aux embaucheurs. En particulier dans une situation où 6 millions de personnes cherchent un emploi. Cette suppression de droits correspond très exactement à un asservissement d'une population en difficulté envers de nouveaux maître-employeurs. Cet asservissement ce traduit mécaniquement par un salaire plus faible que le salaire juste (puisque seul l'embaucheur à du pouvoir de négociation). Bien évidemment, ils veulent continuer dans cette voie, non pas pour "libérer" les travailleurs mais pour les asservir.

Que vous soyez salarié, chômeur ou petit patron, ne cherchez aucune libération chez les faux libéraux. Il vous font miroiter qu'ils vont vous libérer de l'État, ça n'est que pour vous asservir à intérêt privés. Faites attention à d'autres discours qui vous parlent de vous libérer d'autre chaînes, que ça soit l'Europe, les États-Unis ou d'autres mais qui bizarrement ne remettent pas en cause la première raison de cet emprisonnement : le fonctionnement de la 5e république, avec d'un côté des élus tout puissants intouchables et de l'autre des milliardaires donneurs d'ordre et financeurs.

Pierre Chaillot

Pierre Chaillot
Citoyen excédé par le discours économique ambiant. Des lois économiques fausses ou désuettes relayées par des soit disant "experts" médiatisés qui concourent au modèle de pensée unique et nous envoient droit dans le mur.
  1. L’arnaque de la dette
  2. Pourquoi les investisseurs étrangers font la ruine de la France ?
  3. Dette d’État / Dette du bon père de famille
  4. Macron et Fillon : l’asservissement déguisé en libéralisme
  5. Europe : la France peut-elle la changer ?





E) Le programme de Macron est moins libéral que prévu, selon Génération Libre (Gaspard Koenig)

Durée légale du travail, Europe, statut de la fonction publique, GPA... Le think tank libéral Génération Libre a passé au crible les mesures phares d'Emmanuel Macron. D'après sa note publiée ce mercredi, il en ressort un programme nettement plus conservateur qu'il n'y paraît de prime abord.

Le club de réflexion fondé par Gaspard Koenig, déplore la "libéralisation trop timide" du programme d'Emmanuel Macron, sur plusieurs fronts.

S'affichant volontiers comme le héraut d'une société ouverte et d'une économie décloisonnée, Emmanuel Macron est-il aussi libéral qu'il le prétend? Pas tant que ça, à en croire l'analyse des experts de Génération Libre, publiée mercredi 12 avril, qui ont passé au crible le programme du leader d'En Marche!. "Sur plusieurs points, le candidat a reculé. Son discours contre les rentes et les statuts est passé au second plan. Les totems français (35 heures, statut de la fonction publique, questions de société…) auxquels il osait s'attaquer de front sont désormais ménagés", regrette ainsi le think tank libéral, qui place pourtant Emmanuel Macron en tête des candidats à la présidentielle les plus libéraux, ex-aequo avec François Fillon.

Si Génération Libre salue toutefois des pistes intéressantes -telles que la priorité donnée à l'individu via l'universalisation de l'assurance-chômage, l'instauration d'un régime unique de retraite ou encore l'investissement massif prévu en faveur de la formation professionnelle- le club de réflexion fondé par Gaspard Koenig, déplore la "libéralisation trop timide" du programme d'Emmanuel Macron, sur bien d'autres fronts.
A commencer par celui du maintien de la durée légale de travail. Après l'avoir vivement critiqué en tant que ministre de l'Economie, le candidat à la présidentielle propose désormais seulement de déroger au dispositif actuel par accord d'entreprise ou référendum. "Cette proposition n'apporte rien de nouveau, tranche Emmanuelle Barbara, avocate associée chez August Debouzy, spécialiste en droit du travail et de la protection sociale et l'une des expertes mises à contribution dans le cadre de cette publication. "La volonté du candidat d'En Marche! de 'simplifier' le droit du travail en faisant croire que le droit des accords collectifs peut tout, est un leurre', ajoute-t-elle.

"Vision paternaliste"

Le think tank revient sur un autre "recul" de taille du candidat: celui de la réforme du statut de la fonction publique. En la matière, les aménagements proposés par le candidat sont loin d'être jugés convaincants. "Le programme actuel du candidat prévoit de moderniser le système, d'introduire plus de souplesse dans la gestion des carrières et de développer le recrutement sous contrat dans les fonctions non régaliennes mais 'le statut des fonctionnaires ne sera pas remis en cause'. Or aujourd'hui, cette souplesse est rendue impossible par la rigidité du statut", critique Génération Libre. 
Sur le plan sociétal également, le programme d'Emmanuel Macron est jugé comme assez conservateur. Le think tank dénonce en particulier la "vision encore paternaliste du rôle de l'Etat" dont fait preuve le candidat sur les questions de gestation pour autrui (GPA) et de légalisation du cannabis, auxquelles il est fermement opposé. 

"Trop protectionniste" sur l'Europe

Fait étonnant, alors qu'Emmanuel Macron s'impose de loin dans cette campagne comme l'un des candidats  les plus europhiles, le club de réflexion juge son programme "encore trop protectionniste". Le think tank libéral cite, pour étayer cette affirmation, trois mesures phares d'En Marche!: l'instauration d'un "Buy European Act" (réservant l'accès aux marchés publics à des entreprises localisant au moins la moitié de leur production en Europe), l'introduction d'un mécanisme de contrôle des investissements étrangers en Europe visant à préserver "nos intérêts et secteurs stratégiques", et la limitation du travail détaché. Pour Génération Libre ces dispositifs reposent "sur une vision biaisée de la concurrence et du "dumping social"".
Sur la question du "Buy European Act", "aujourd'hui, les produits manufacturés, qui représentent environ 70% du commerce mondial, sont composés de multiples composants provenant de pays divers. Prendre comme critère géographique le dernier lieu de transformation n'a donc plus grand sens", argue l'un des experts, Hervé Guyader, avocat au barreau de Paris et président du Comité français pour le Droit du commerce international. Quant à la notion d'"intérêts stratégiques", "elle mérite d'être précisée", avance l'avocat qui pointe le caractère actuel très flou de cette mesure notamment sur le volet des critères retenus et de la procédure de contrôle.
Pour ce qui concerne l'encadrement du travail détaché, le think tank déplore là encore une vision trop réductrice et faussement protectrice. "Cette exportation de main-d'œuvre est en réalité une des formes les plus efficaces de solidarité intra-européenne", précise Vincent Delhomme, expert de Génération Libre, actuellement au Collège d'Europe. La remettre en cause menacerait l'équilibre politique et économique du marché européen. D'autant que ce statut est, en droit, relativement protecteur. Si l'on prend le simple cas de la rémunération, celle-ci ne peut être inférieure au salaire minimum en vigueur dans l'Etat d'accueil." Ainsi, la proposition d'Emmanuel Macron visant à limiter à un an la durée autorisée de séjour d'un travailleur détaché ne s'attaquerait pas directement au fond du problème qui demeure la lutte contre la fraude et les abus du système actuel, en particulier via le renforcement des règles de contrôle, pourtant déjà initiées... par la loi Macron.

Mesures "électoralistes"

Enfin, Génération Libre regrette "un certain nombre de mesures typiquement électoralistes" comme la prise en charge à 100% des lunettes et des prothèses auditives et dentaires d'ici 2022, la création d'un "Pass Culture" qui permettra à chaque Français âgé de plus de 18 ans d'effectuer 500 euros de dépenses culturelles par an et surtout la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des Français. Ce cadeau fiscal "flatte le contribuable sans résoudre les vraies difficultés", regrette Gaspard Koeing. "Une option alternative ambitieuse serait de renforcer l'autonomie fiscale des collectivités territoriales en leur attribuant le pouvoir, aujourd'hui détenu par le Fisc, de fixer l'assiette", avance ainsi le think tank.

Consultez la note de Génération Libre:

mars 16, 2015

Connaissez-vous le libéralisme "intégral" de Beigbeder et le libertarianisme de Masse ?

L'Université Liberté, un site de réflexions, analyses et de débats avant tout, je m'engage a aucun jugement, bonne lecture, librement vôtre. Je vous convie à lire ce nouveau message. Des commentaires seraient souhaitables, notamment sur les posts référencés: à débattre, réflexions...Merci de vos lectures, et de vos analyses.

Sommaire:

A) Le libéralisme intégral veut-il la fin de toute communauté humaine ? par Charles Beigbeder

B)  CINQ ATTITUDES LIBERTARIENNES ESSENTIELLES - QL - par Martin Masse





A) Le libéralisme intégral veut-il la fin de toute communauté humaine ?
 
On aurait tort de regrouper sous l’étiquette  « libérale » tous ceux qui défendent la liberté d’entreprendre contre l’omniprésence de l’État dans la vie économique et la multiplication des règles en tout genre. Beaucoup de ceux qui souhaitent libérer l’économie française de sa tutelle étatique ne sont pas, loin s’en faut, les adeptes d’un libéralisme politique absolu où l’État est réduit à une instance de promotion des désirs individuels de chacun. Ils assignent, au contraire, à l’État la mission de perpétuer la France et de garantir le bien commun de la nation.

Seule une minorité de « libéraux » prétend limiter le rôle de l’État à la satisfaction des désirs individuels. Parmi eux, le jeune philosophe Gaspard Koenig, président du think thank Génération libre, qui, dans sa chronique du 16 décembre publiée pour L’Opinion, défend une vision du droit qui se rattache directement à l’individualisme libéral, dans le droit fil des théories du contrat social de Hobbes, Locke et Rousseau.

Il affirme en effet que « c’est en se mettant au service de l’individu et de sa liberté de choix, et non en fantasmant un projet de société holiste, que l’État se trouve dans son rôle légitime », le holisme consistant justement à appréhender la société dans son ensemble, indépendamment de la simple addition de chaque individu.

De même que l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers, il est dangereux de mettre la société au seul service de « l’individu et de sa liberté de choix », sans référence à un projet de société qui dépasse les contingences de chacun. Affirmer que la société n’existe que pour satisfaire les désirs individuels de chacun revient en effet à tuer tout esprit public, limiter tout sens du bien commun et affaiblir tout projet national.

D’abord, une telle idéologie part du principe que la finalité des hommes n’existe qu’au niveau qu’individuel, la société n’étant qu’un moyen de permettre un épanouissement relevant avant tout de la sphère privée, dans la droite ligne de Benjamin Constant pour qui « notre liberté à nous doit se composer de la jouissance paisible de l’indépendance privée ». Or, l’homme n’a-t-il qu’une finalité individuelle ? N’est-il pas aussi et avant tout un être social ? Notre liberté ne consiste-t-elle donc pas à désirer communier avec nos semblables autour d’un esprit public ? En réduisant le rôle de l’Etat à un gendarme, gardien des intérêts privés de chacun, Gaspard Koenig montre qu’il n’assigne à l’homme qu’une finalité individuelle, la sociabilité n’étant chez lui qu’une fonction accidentelle de l’homme et non sa nature ontologique.

Par ailleurs, soumettre toute règle sociale au désir individuel et passager de chacun, c’est oublier l’inscription de l’homme dans le temps et son enracinement dans une histoire qui l’a façonné et dont il est pétri, même quand il souhaite s’en affranchir. Ce long travail du temps a forgé des institutions et des mentalités qu’un caprice individuel ne peut balayer au moindre prétexte. De même qu’une nation n’est pas composée uniquement des vivants mais qu’elle s’étend aussi à tous les morts (« La terre et les morts » selon Maurice Barrès), il est illusoire de vouloir gouverner en se fondant sur les seuls désirs fugitifs d’une majorité de circonstance, sans tenir compte du poids de l’histoire dans la constitution de notre propre identité. Cela n’exclut nullement une évolution du droit ; cela signifie simplement que l’Etat ne doit pas se situer uniquement sur le registre de l’instantanéité d’une décision et de l’immédiateté du temps présent, sans se soucier des bouleversements que cela peut impliquer. L’Etat est aussi le gardien d’une mémoire collective, il ne gère pas que des intérêts particuliers.

Enfin, si l’Etat n’est qu’une institution destinée à arbitrer les désirs individuels de chacun, rien n’interdit que soient légalisées des pratiques que la morale commune ou que le simple bon sens réprouvent. C’est ainsi que Gaspard Koenig plaide en faveur de l’assouvissement des désirs les plus fous, pourvu qu’ils soient libres et ne lèsent personne, par exemple la gestation pour autrui,« une pratique qui ne nuit à personne, repose sur le libre consentement d’individus majeurs, et reste dissociée des questions de filiation » (sic).

Sans entrer dans la contestation de ses allégations (la GPA ne nuit-elle vraiment à personne ? Est-elle réellement dissociée des questions de filiation ?), il est fondamental de comprendre les dangers d’une telle vision du droit qui se rattache directement à l’article 4 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen selon lequel « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui », sans autre forme de régulation que ce soit. Si les frontières de la liberté sont aussi vastes, alors, le droit peut tout autoriser tant qu’on ne porte pas préjudice à autrui.

Mais ce seul critère est-il suffisant ? Le droit ne peut-il être défini que négativement, ses seules limites se situant dans les dommages potentiels de son application à autrui ? Le restreindre ainsi, c’est construire une société a minima, fondée non plus sur un héritage commun et un idéal partagé mais sur une ligne de front séparant deux ennemis potentiels. Cela revient à considérer que les hommes n’ayant d’aspirations qu’individuelles, le droit n’existe que pour trouver un modus vivendi entre des individus aux intérêts potentiellement antagonistes, animés chacun par un hubris démesuré que vient encadrer une législation qui ne fait que fixer des balises extérieures à l’action des hommes. La définition de l’Etat-gendarme en somme.

Prôner une telle vision du droit, c’est partir implicitement d’un constat d’échec, c’est avoir renoncé à toute forme de communion supérieure entre les hommes, c’est organiser juridiquement la société en partant du principe que chacun ne cherche que son seul intérêt, sans aucun idéal transcendant. Certes, le droit n’est pas la morale mais il est plus vaste qu’un simple fil barbelé entre les hommes. Pour Celse (IIème siècle ap. JC), le droit est ce qui est bon et équitable (« jus est ars boni et aequi »), pour saint Thomas d’Aquin (XIIIème siècle), il est ce qui est juste (« jus est id quod justum est »). Il est toujours la recherche d’une certaine perfection. Ce n’est que lorsque la société est complètement délitée qu’il se limite au tracé des frontières.

Au final, adopter une telle définition du droit, c’est rêver d’une société où chacun se contente d’habiter chez soi, sans communion réelle avec ses semblables, sans racines et sans histoire. Une société qui procède du contrat librement conclu par les citoyens, librement révocable à chaque instant, où chacun est interchangeable. La société de l’individu-roi, où tout désir peut trouver une forme de consécration juridique. Le contraire d’une société enracinée.

par
Source:  Le libéralisme intégral veut-il la fin de toute communauté humaine ?



B)  CINQ ATTITUDES LIBERTARIENNES ESSENTIELLES

  Le libertarianisme n'est pas qu'une théorie économique. C'est aussi une philosophie de l'évolution humaine, une éthique des rapports entre les individus et une attitude générale devant la vie. C'est aussi une « psychologie » différente de celles qui caractérisent les socialistes, les conservateurs, les réactionnaires et les collectivistes de tout acabit. 
  
          On peut devenir libertarien pour des motifs purement logiques, parce qu'on a compris la validité des préceptes économiques de libre marché ou l'importance cruciale de la liberté individuelle dans le développement de la civilisation. Mais ces explications rationnelles, aussi convaincantes soient-elles, n'ont souvent aucun effet sur certains individus parce que ceux-ci ont une attitude générale face à la vie, face à leur propre personne et aux autres, qui en bloque l'appréciation rationnelle. À l'inverse, de nombreux lecteurs du QL nous ont témoigné avoir découvert qu'ils étaient libertariens en nous lisant, même s'ils ne connaissaient rien jusque-là de la philosophie libertarienne, parce qu'ils trouvaient simplement que cela correspondait à leur personnalité ou à leur manière d'appréhender les choses de façon intuitive.  
  
          Pour ceux et celles que les multiples courants d'idées laissent confus et qui ne sont pas certains d'avoir des atomes crochus avec la pensée libertarienne, ou pour ceux qui demeurent indécis et voudraient s'assurer qu'ils en ont bien, voici cinq attitudes essentielles à la psychologie libertarienne. Si vous vous reconnaissez dans chacune d'elle, bravo, il y a de forte chance que vous soyez un libertarien ou une libertarienne dans l'âme; si vous les trouvez idiotes, fausses ou non pertinentes, pas de chance, vous pataugez encore dans les marécages idéologiques où l'humanité s'est embourbée depuis des millénaires; si toutefois vous les trouvez intéressantes mais que vous êtes forcé d'admettre que vous tendez souvent vers le contraire à cause de vieux réflexes ou des pressions de votre entourage, ne désespérez pas! En ce début d'année, c'est le temps de prendre de bonnes résolutions, et ces attitudes méritent d'être cultivées par tous: non seulement parce qu'elles sont adaptées à l'esprit libertarien, mais plus simplement à cause de leur valeur universelle comme source de bonheur et d'équilibre psychologique. 
  
          Les voici donc, sans ordre particulier, et bien sûr sans aucune prétention à offrir une liste exhaustive:   

1- assumer ses choix et cesser de rejeter la responsabilité de ses actions sur les autres
  
         On pourrait difficilement trouver une attitude psychologique plus représentative de l'esprit individualiste libertarien que celle-ci. Les libertariens croient fermement qu'au-delà des influences du milieu et des déterminismes de tout genre, les individus sont ultimement responsables des choix qu'ils font et de la situation dans laquelle ils se trouvent. Ils doivent en assumer les conséquences, bonnes ou mauvaises, sans se plaindre ni en rejeter la faute sur les autres. Bref, la liberté individuelle ne peut pas être dissociée de la responsabilité individuelle.  
  
         Au contraire, ceux qui, dans leur vie personnelle, ont toujours tendance à se sentir victime, à justifier leurs problèmes en invoquant une situation spéciale, à chercher des boucs émissaires, à se fabriquer des excuses, à rejeter la faute sur « le système », sont des étatistes en puissance et des candidats idéaux pour un Prix béquille. Comme les multiples pleurnichards et losers qui peuplent notre société, cette attitude les conduit naturellement à chercher des responsables ailleurs pour expliquer leurs propres échecs et à demander des compensations, des rectifications, des reconnaissances de leur situation particulière, de l'aide et des privilèges spéciaux. Nul doute que c'est d'abord et avant tout à l'État, ce sauveur universel responsable de tout – puisque les individus ne sont, de ce point de vue, responsables de presque rien – qu'il reviendra de rectifier les choses et de s'occuper d'eux.  


2- voir l'aventure humaine avec optimisme  

          Les libertariens ont confiance dans l'ingéniosité et le sens de l'initiative des humains. Ils croient que si on laisse les gens libres d'agir dans leur propre intérêt pour trouver des solutions aux multiples défis et problèmes auxquels ils sont confrontés, si les bonnes mesures incitatives sont présentes, la grande majorité s'empresseront de le faire de façon dynamique, productive et souvent astucieuse. Toutes les périodes de l'histoire caractérisées par le progrès l'ont été parce que les individus étaient libres de mener à bien leurs rêves et leurs désirs sans entraves majeures. Et si l'on observe l'évolution humaine depuis la révolution agricole du Néolithique il y a 10 000 ans, on se rend compte que la seule constance est la capacité des membres de notre espèce à inventer de nouvelles choses et à faire face aux multiples obstacles que la nature et – il faut le dire aussi – la stupidité et l'ignorance d'autres hommes placent devant eux. 

          Au contraire, les réactionnaires de gauche ou de droite, les misanthropes et les pessimistes croient que plus les humains sont libres, plus ils risquent de causer du trouble et de s'enfoncer dans le chaos. Pour eux, le progrès est une menace, la stagnation est préférable et doit être imposée parce que chaque innovation risque de défaire le fragile équilibre qui a permis à la civilisation de survivre jusqu'ici. La technologie, la croissance économique, la création de nouveaux produits de consommation ou de nouvelles idées et modes culturelles, tout cela est néfaste et porteur de trouble. Pour ces pessimistes, il y a toujours une catastrophe à l'horizon, qu'il s'agisse du bogue de l'an 2000, du réchauffement de la planète, de la pollution et du surpeuplement, de l'informatisation et de la mondialisation économique, des aliments transgéniques, et quoi encore, qui mérite qu'on impose une fin à toute expérimentation et qu'on revienne à un mode de vie plus « naturel » et drastiquement simplifié, comme celui de nos ancêtres. Évidemment, il revient toujours dans cette perspective à un gouvernement fort de s'opposer au changement et de réprimer les innovateurs pour éviter ces catastrophes et imposer l'ordre idéal.  

3- refuser de s'en remettre à des abstractions collectives 
  
          Les libertariens s'intéressent d'abord à l'individu et le voient comme l'ultime réalité sociale. Pour eux, les entités collectives n'ont de sens que lorsqu'elles s'incarnent dans l'individu, et pas en elles-mêmes. Ça ne veut pas dire que la culture, l'identité nationale, le patrimoine, la langue, et autres phénomènes collectifs, ne sont pas pertinents. Ils le sont, mais seulement parce qu'ils répondent à un besoin des individus. Celui-ci est d'ailleurs toujours à la croisée de nombreuses caractéristiques collectives et ne peut être réduit à une simple pion sur un échiquier collectif unidimensionnel.  
  
          Les libertariens sont donc toujours sceptiques devant les revendications de nature collectiviste et les ramènent nécessairement aux intérêts individuels de ceux qui s'en réclament et prétendent parler au nom du groupe. Pour chaque situation, ils seront plus intéressés à voir non pas quelles seront les conséquences pour « la nation », « les femmes », « les Noirs », « les gais », « les autochtones », ou quelque autre groupe, mais bien de comprendre comment des individus qui peuvent se définir de multiples façons dans un monde pluraliste pourront faire des choix librement et sans avoir à cadrer dans un modèle collectif rigide. C'est la subjectivité de l'individu qui importe, pas son appartenance à des entités collectives abstraites. Et lorsqu'il est question de réaliser quelque chose, ils comptent d'abord sur leurs propres moyens en collaboration volontaire avec d'autres individus qui y trouvent leur compte pour y arriver, pas sur une « mobilisation » collective. 
  
          L'attitude contraire conçoit plutôt la société humaine comme essentiellement composée de groupes qui se côtoient et s'opposent, avec des individus qui n'ont de réalité que comme membres d'un groupe précis. Pour ceux qui voient les choses ainsi, la vie collective est la seule référence et ils ramènent tous les aspects de leur vie à la situation du ou des groupes qu'ils privilégient. C'est l'individu qui doit s'adapter pour correspondre à un idéal collectif, et non les caractéristiques attribuées au groupe qui doivent être relativisées pour faire place à la diversité des individus.  
  
          Ces gens carburent à la fierté collective, aux drapeaux et à la solidarité, aux victoires politiques, légales ou militaires du groupe (c'est-à-dire des organisations qui prétendent le représenter) contre l'ennemi collectif, etc. C'est l'atteinte d'une position idéale pour le groupe qui colore leur vision du monde et les motive à agir, et ils voudraient que tout le monde embarque dans leur croisade. Ils ne comprennent pas pourquoi plusieurs autour d'eux ne sont pas « conscientisées » aux mêmes problèmes sociaux, et ils considèrent ceux qui préfèrent rester à l'écart ou s'opposer à leur démarche comme des égoïstes ou des traîtres. L'État, qui incarne la « volonté nationale » et qui arbitre les relations et conflits entre les multiples groupes, est évidemment au centre des préoccupations de ces collectivistes, puisque tout converge vers lui.   

4- viser une amélioration constante à long terme plutôt qu'une perfection statique à court terme 
  
          Les libertariens conçoivent la vie comme une suite ininterrompue d'adaptations et de remises en question dans un monde en perpétuel changement. Ils ne croient pas en la possibilité d'un monde parfait et utopique, comme la société sans classe de Marx où tous seraient égaux et verraient leurs besoins et désirs comblés à jamais sans conflit. Même dans une société fondée sur des principes libertariens, il y aurait toujours des changements et des problèmes, des conflits et des catastrophes. La différence majeure est que les individus seraient mieux équipés pour y faire face et pour atteindre leurs buts dans une plus grande harmonie.  
  
          Les libertariens ont donc une attitude généralement réaliste et pragmatique et sont réconciliés avec le monde tel qu'il est, même s'ils souhaitent bien sûr eux aussi voir des changements pour le mieux. Ils ne sont pas constamment désespérés de constater que nous ne vivons pas dans un monde parfait, qu'il y a des inégalités, des problèmes sociaux, de l'ignorance, de la pauvreté, de la pollution et toutes sortes d'autres situations déplorables dans le monde. Ils croient que seul l'effort, la créativité et l'apprentissage individuels à long terme permettent de changer les choses et qu'il n'y a pas de solution magique pour tout régler. De toute façon, la vie comme processus biologique et la société comme processus d'interaction humaine sont des systèmes en perpétuel déséquilibre et en perpétuel mouvement de rééquilibrage, et il n'y a donc aucune raison de se désoler du fait que nous ne soyons pas encore parvenus à créer un monde parfait. Un tel monde serait de toute façon synonyme de stagnation et de mort.  
  
          Pour les aliénés de la vie qui sont « conscientisés » à toutes les bonnes causes et qui ressentent à chaque heure du jour le spleen de ne pas se trouver au paradis, l'imperfection du monde est au contraire une source constante de souffrance psychologique. Ceux-là ne veulent pas admettre qu'il n'y a pas de solution immédiate à tous les problèmes de l'univers. Comme on l'entend constamment dans la bouche des militants, ils trouvent que la situation est « inacceptable » et qu'il faut « intervenir sans délai ». Même s'ils prétendent se préoccuper des problématiques à long terme, ces frustrés ne visent qu'une seule chose: un bouleversement social et politique immédiat qui apportera un progrès instantané et leur enlèvera le poids de cette conscience intolérable. Mais quoi qu'il arrive, ils sont de toute façon difficilement capables de se défaire de cette attitude. Dès qu'un problème semble se régler ou devenir moins urgent, ils se dépêchent à se conscientiser et à s'impliquer dans une autre cause, question de ne pas se laisser aller à ce qu'ils croient être de « l'indifférence » devant la souffrance du monde, c'est-à-dire une attitude saine et réaliste devant le peu d'influence qu'on peut avoir sur le sort du monde et une préoccupation première pour son propre sort. Les révolutions, les utopies abstraites et farfelues qui passent par un changement radical de régime – par l'État, donc – leur paraissent bien sûr la seule solution ultime pour régler une fois pour toutes ces problèmes urgents.  

5- être tolérant et accepter la diversité 
  
          Les libertariens ne sont pas des relativistes moraux; ils considèrent que la liberté est une valeur fondamentale et, comme croyants ou partisans d'autres philosophies particulières, ils peuvent professer des principes plus ou moins stricts concernant la bonne conduite et le sens de la vie. Toutefois, ils sont unis par une attitude bien précise: leur acceptation de la diversité des opinions et des croyances et leur refus d'imposer les leurs aux autres. Pour les libertariens, tout est acceptable dans la mesure où quelqu'un ne porte pas préjudice à autrui ou à sa propriété. Les gens peuvent donc faire ce qu'ils veulent avec leur propre corps et entre eux si c'est de façon volontaire. Ils peuvent se droguer, se prostituer, ou consacrer leur vie et leur fortune à la vénération des petits hommes verts venus d'autres planètes. Personne n'a moralement le droit d'empêcher quiconque de vivre comme il l'entend s'il ne fait de tort à personne d'autre, même si la presque totalité de la population désapprouve son comportement particulier.  
  
          Certains diront que les libertariens sont pourtant intolérants envers leurs opposants idéologiques, par exemple envers les socialistes et nationalistes, et qu'ils n'acceptent donc pas les points de vue qui divergent de la philosophie libertarienne. Mais cette critique ne tient justement pas: dans une société véritablement libre, les individus pourront s'organiser comme ils le voudront, dans la mesure où ils ne tentent pas d'imposer leur mode de vie à ceux qui ne le souhaitent pas. Ainsi, les communistes pourront s'acheter un territoire, fonder une commune, se soumettre volontairement à un gouvernement local qui les taxera à 90% et qui planifiera leur vie de classe prolétarienne dans les moindres détails. Ils pourront inviter le reste du monde à venir les rejoindre dans leur paradis terrestre mais, comme on l'a vu au cours du XXe siècle, c'est généralement l'inverse qui se produit. De même, les ultranationalistes et mystiques de la langue pourront s'imposer à eux-mêmes – volontairement toujours, et sans que ça affecte ceux qui n'en veulent rien savoir – une police de la langue qui utilisera des techniques de scanning cérébral ultrasophistiquées pour déterminer s'ils rêvent en français ou dans une autre langue, avec des amendes appropriées pour les contrevenants. Chacun pourra vivre selon son propre idéal et laisser vivre son voisin selon le sien.  
  
          L'attitude des puritains, des paumés, des zélés, des militants exaltés et des croyants fondamentalistes est tout à fait à l'opposé. Ces collectivistes n'ont de répit tant qu'ils n'ont pas imposé à tous leur vision idéale du monde. Pour eux, la diversité est toujours une menace et la tolérance doit toujours s'exercer « à l'intérieur de certaines limites ». Des limites bien sûr déterminées par les autorités gouvernementales et qui réduisent inévitablement la liberté de tous ceux qui n'y cadrent pas, même s'ils ne font de tort à personne. Dans la vision du monde collectiviste, il n'y a tout simplement pas de place pour ceux qui veulent vivre différemment. 
  
          Pour les traditionalistes intolérants par exemple, le simple fait que les homosexuels existent et puissent jouir de la vie est un affront à la volonté divine qui doit être corrigé; pour les égalitaristes coupeurs de têtes qui dépassent, la simple existence de riches est une injustice flagrante, même si ces riches ont gagné leur argent de façon honnête et en rendant des services aux autres dans un marché libre; pour les nationalistes xénophobes, le fait qu'il existe des citoyens québécois qui ne parlent pas français à la maison ou sur la rue autour d'eux, ou qui se foutent de l'identité québécoise qu'ils exaltent et de la survie du français, est un affront direct à la Nation, à nos vaillants ancêtres, à eux-mêmes dans le plus profond de leur moi collectif, et ce même s'ils n'entrent jamais en contact avec ces gens sauf en constatant des données statistiques; pour les fascistes de la santé, ce ne sont plus les désagréments causés par les fumeurs aux non-fumeurs qui sont le problème, mais bien l'existence même de fumeurs: sinon, pourquoi veulent-ils interdire la fumée dans tous les bars et restaurants et empêcher les fumeurs de se retrouver entre eux sans imposer leur fumée à qui que ce soit?  
  
          Quiconque fait preuve d'une forme d'intolérance et de refus de la diversité qui s'apparente à celles-ci dans quelque domaine que ce soit n'a évidemment rien d'un libertarien et a tout d'un partisan de l'autoritarisme et la répression étatique.  
  
          Pour conclure, assumer ses choix et cesser de rejeter la responsabilité de ses actions sur les autres, voir l'aventure humaine avec optimisme, refuser de s'en remettre à des abstractions collectives, viser une amélioration constante à long terme plutôt qu'une perfection statique à court terme et être tolérant et accepter la diversité sont des attitudes psychologiques essentielles pour ceux qui souhaitent vivre l'idéal libertarien: quelqu'un qui les cultive et qui applique systématiquement ces façons de voir les choses aux situations de la vie a compris l'essentiel. Les arguments théoriques plus complexes sur le fonctionnement d'une économie de marché restent cruciaux pour les débats politiques et économiques mais n'auront jamais le même impact, pour la plupart des gens qui s'intéressent peu à ces débats, que la conviction intuitive profonde, fondée sur ces principes généraux, de vivre moralement et bien. 

par Martin Masse édito de QL




 
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